Amine Kouider en concert à la Salle Gaveau

Lundi 19 mars à 20h30
Orchestre Symphonique Algérie-France sous la direction musicale de Amine KOUIDER, Artiste de l’UNESCO pour la Paix
Salle Gaveau – 45, rue La Boétie 75008 ParIs

Points de vente
Salle Gaveau: 01 49 53 05 07
Fnac

Centre Culturel Algérien : 01 45 54 95 31

Interview du maestro réalisé par l’association ATLAS
Algerian Talents and Leaders Association

ATLAS Culture : Comment et pourquoi vous êtes vous dirigé vers la musique ?

Amine Kouider : Je suis entré au conservatoire à l’âge de sept ans.
En réalité, la passion pour la musique m’est venue de mes parents. Ma mère aimait chanter. Mon père était musicien amateur et appréciait beaucoup la musique classique algérienne notamment le Chaabi. Il jouait du piano et du mandole.
Tailleur de profession, il a, dans sa jeunesse, eu l’occasion de travailler à l’étranger. Pendant deux ans, il a été costumier pour l’Opéra de Copenhague.
C’est étonnant car lorsque l’Opéra d’Alger a rouvert ses portes, nous avons commencé par jouer Rigoletto de Verdi. Je vous laisse imaginer l’émotion et la fierté de mon père qui avait justement réalisé les costumes de cet opéra à Copenhague !
C’était un grand moment pour lui de voir son fils diriger Rigoletto quarante ans après et à l’Opéra d’Alger.
La vocation de chef d’orchestre m’est venue plus tardivement vers 18-19 ans.
A l’époque j’étais violoniste mais je jouais d’autres instruments aussi tels que le piano, le mandole de mon père, et même un peu de luth pour le plaisir.
En achevant mon cursus d’étudiant j’ai peu à peu réalisé que je désirais partager la musique autrement. J’ai commencé par me mettre au théâtre, ce qui m’a beaucoup aidé dans ma façon de m’exprimer.
Ensuite, j’ai eu la chance de participer à un échange entre le conservatoire d’Alger et celui de Marseille. Pendant notre séjour, je suis entré par hasard dans une classe de « chef d’orchestre » et j’ai assisté au cours. C’est à ce moment là que je me suis dit « C’est ce que je veux faire ! C’est comme cela que je veux partager la musique ! »
Déterminé, je suis rentré à Alger et j’ai fini par décrocher une bourse d’études pour étudier au conservatoire de Marseille. S’en est suivi un nouveau cursus de violon et un cursus de chef d’orchestre. J’avais alors 22 ans.

A.C : Vous avez été à l’ origine de la réouverture de l’opéra d’Alger, que vous évoque la scène culturelle algérienne aujourd’hui ?

A.K : Je dirai que la scène culturelle algérienne est actuellement très centrée sur l’événementiel. C’est un point positif puisque que cela permet de redorer l’image de l’Algérie.
Mais il manque encore malheureusement un plan de formation artistique et culturel pérenne notamment envers les plus jeunes.

A.C : Vous avez été nommé « Artiste de l’UNESCO Pour la Paix », a quoi correspond cette distinction ?

A.K : Cela signifie que je dirige des concerts à but non lucratifs et humanitaires pour des causes spécifiques. J’ai ainsi pu diriger des concerts en faveur des enfants des rues ou pour lutter contre des pandémies.
En 2000, à Alger, j’ai également dirigé un grand concert pour la paix avec le concours de l’UNESCO. Je sais que ce concert a été porteur d’espoir à ce moment là.
Cette nomination, c’est aussi une façon pour moi de célébrer le métissage et l’occasion de réunir les plus belles œuvres. Je me souviens d’une œuvre intitulée « Les mille et une nuits d’Offenbach » pour laquelle nous avions traduit des poèmes de Khalil Gibran et que nous avons associé à des morceaux d’Offenbach. Cela m’a fait grand plaisir !

A.C : C’est important pour vous de célébrer le métissage et le multiculturalisme dans vos concerts ?

A.K : Ce n’est pas un secret, nous savons tous que la peur de l’autre engendre malheureusement la violence.
J’essaie donc à ma mesure et à ma modeste échelle de faire se découvrir les cultures grâce à la musique.
Cette démarche est devenue pour moi importante dans mon cheminement artistique.
J’essaie d’aider autant que possible et du mieux possible les plus jeunes. Tendre la main comme on l’a fait pour moi lorsque j’en avais besoin. Ce que je dis peut paraitre « naïf » mais lorsqu’on est dans le concret et non plus dans le discours, cela fait une sacrée différence!

A.C : Avez-vous un message pour la jeunesse franco-algérienne ?

A.K : Je n’ai pas de message à proprement parler, cela serait trop prétentieux ou présomptueux de ma part…
Je voudrais juste lui dire que l’on ne peut pas connaitre la culture des autres si on ne connait pas sa propre culture. Et cette quête de la connaissance requiert beaucoup de travail.
Pas à un moment, je ne doute de ma double culture. Je me sens en harmonie avec la musique arabo-andalouse et occidentale. Je suis toujours fier d’interpréter les deux et d’en être l’ambassadeur.

Liens :
Plus d’informations sur Amine Kouider : http://www.aminekouider.com/fr/audio.html

Amine Kouider recommande particulièrement aux membres d’ATLAS, l’écoute de la 5ème symphonie de G.Mahler – 4ème mouvement.

L’équipe d’ATLAS Culture
Yasmine El Guerrab & Amina Sabeur
Contact : culture@atlas-association.com