Tata Bakhta de Merzak Allouache sur France 2 mercredi 1er aout


Mercredi 1 août de 20:35 à 22:20 sur France 2

Lorsqu’elle apprend que son frère est récemment décédé, Tata Bakhta se sent soudain bien seule en Algérie. Elle décide de faire son deuil en vérifiant qu’il a bien été enterré selon le rituel musulman. Elle débarque d’Oran et fait irruption chez ses neveux. Elle découvre qu’ils sont parfaitement intégrés et qu’ils prennent maintes libertés avec les traditions. Dans la petite ville de province où elle se retrouve, Tata Bakhta doit faire face aux préjugés. Peu à peu, elle doit admettre qu’elle-même est pleine d’idées préconçues. Estimant que sa culture et celle de son défunt frère sont menacées, elle essaie de rappeler à chacun l’importance de se souvenir de ses origines. D’abord compréhensifs, ses neveux tentent de lui mettre les points sur le «i»…

Lire la critique de Télérama du 28/07/2012

On aime un peu

Verbe haut et galure rouge vissé sur la tête, Bakhta débarque de son Oran natal chez ses petits-neveux provençaux. Tourmentée à l’idée que Sandrine, Paul et Kevin n’aient pas sacrifié au rituel musulman pour enterrer leur père, son cousin. Mais son exaltation des valeurs du bled et de la prière se heurte au quotidien « très intégré » des trois jeunes. « C’est dommage, tes parents, ils t’ont pas donné un nom arabe. Kevin Mohamed ou Kevin Mustapha, c’est meilleur. Il faut pas avoir honte de ses origines. — T’inquiète, je m’appelle Kevin Benbareh, ça me suffit comme origines. » Quant au souhait de Bakhta de se rendre sur la tombe du défunt, il présente un défaut majeur : les neveux ont fait incinérer leurs parents.

Les premières minutes, qui semblent installer le film dans l’outrance surjouée, peuvent faire craindre le pire. Puis, balançant entre comédie douce-amère, satire grinçante des replis communautaires et conte moderne capable de déjouer l’extrémisme politique, la fable, mâtinée d’autodérision, réjouit. Forte de dialogues souvent truculents, de l’incursion joyeuse du parler gouailleur de Bakhta, de l’abattage insolent de Farida Ouchani et Jean-François Stévenin, la fiction se permet des incursions frondeuses dans l’actualité des deux rives de la Méditerranée : évocation de la répression du printemps berbère de 1980, du poids de la corruption côté algérien ; profanation des sépultures juives et présence xénophobe du Front côté français. Un fragile exercice d’équilibre, presque toujours tenu. — Marie Cailletet

Marie Cailletet