La saison des musicales à l’Ima

La saison des musicales à l’Ima
Institut du Monde Arabe
1, RUE FOSSÉS ST-BERNARD
Place Mohammed V
75005 PARIS 05


Samedi 20 octobre

Auditorium – Tarif C – 20h30

L’OEIL DU COEUR
Avec Abdellatif Laâbi, Naziha Meftah et Driss El Maloumi – Percussions : Saïd El Maloumi et Lahoucin Baquir
Maroc

A la fois récital et concert, L’Œil du cœur, construit autour de l’univers poétique d’Abdellatif Laâbi, voit se déployer les créations musicales de Driss El Maloumi, ainsi que l’éventail de l’art lyrique de Naziha Meftah. Parole nue du poète, voix envoûtante de la cantatrice, performances musicales éblouissantes du compositeur se prêtent attention, dialoguent, s’aimantent jusqu’à s’unir dans un même élan de plénitude créatrice. Né d’une vraie complicité entre des artistes appartenant à trois générations différentes, L’Œil du cœur est une création unique en son genre, ancrée dans la culture marocaine vivante et participant de l’universel.

Vendredi 2 novembre 2012
Auditorium – Tarif C – 20h30

HIP-HOP EXPERIENCE avec Qusaï et DJ Ayzee
Arabie Saoudite

Avec son complice DJ Ayzee, Qusaï vient faire découvrir le hip-hop saoudien. La barbe impeccablement taillée, le timbre grave, le rappeur est tout simplement le chef de file d’un mouvement musical qui réussit à brasser le tempo traditionnel d’Arabie, les musiques de danses bédouines et la scansion véhémente du hip-hop. Ses clips sont souvent bourrés d’une dérision salutaire. Né à Riyad en 1978, Qusaï a grandi à Jeddah, le port de la mer Rouge ouvert aux vents du large, la cité la plus cosmopolite du royaume. Le chant a pris Qusaï dès ses deux ans. L’artiste commence à se faire connaître à quinze ans en participant à de nombreux concours scolaires de chant. Le métier lui vient vite quand il se met à mixer à seize ans et anime professionnellement des soirées alternatives au Moyen-Orient, en Europe et aux Etats-Unis où il s’est installé en 1996 à dix-huit ans.

Samedi 3 novembre 2012
Auditorium – Tarif C – 20h30

LE TARAB JAZZ avec le Fayçal Salhi Quartet
Algérie/France

Fayçal Salhi est un jeune compositeur et joueur de oud remarquable. Il a enthousiasmé les scènes de son pays d’origine, l’Algérie, du Chili, d’Inde ou d’Autriche avec des musiques où la tradition orientale rencontre le jazz. Un rendez-vous naturel, car les deux genres procèdent de la même attitude, c’est-à-dire l’improvisation dans la rigueur de leurs styles respectifs et le dialogue dans leur soif d’échange et de complicité recherchés, de joute enjouée, de jeu fraternel. Fayçal joue ses propres compositions sur tous les continents, emportant des publics aux cultures et aux sensibilités différentes par ses mélodies métisses, son ouverture jubilatoire à d’autres genres alors qu’il a été profondément nourri par les traditions musicales algériennes, notamment l’art arabo-andalou, élaboré en Espagne dès le xe siècle.

Vendredi 9 novembre 2012
Auditorium – Tarif A – 20h30

QUINTET MÉDITERRANÉEN avec le Rabih Abou-Khalil Quintet : Rabih Abou-Khalil, Luciano Biondini, Gavino Murgia, Jarrod Cagwin et Michel Godard
Liban/Italie/France/Etats-Unis


En 1978, Rabih Abou-Khalil a fui Beyrouth en proie à la guerre civile pour Munich, la tête pleine des subtilités du maqâm ancestral, les doigts empreints des vibrations du sultan des instruments arabe, le oud appris au conservatoire. En Allemagne, il étudie la musique classique, s’éprend du jazz et trouve son chemin : une musique personnelle, sensible, une composition enracinée et nouvelle à la fois. Son jeu, méditatif ou agile, crée des ambiances oniriques, originales, qui captivent vite l’auditoire, submergé alors par des lames d’émotion, émancipé de toute culture nationale, régionale. Le virtuose libanais est un amoureux de la transgression entre les genres et les chapelles, non sans une pointe de malice. Il invente un style fluide, qui semble aller de soi, un bluff faisant croire que le oud est un instrument naturel du jazz alors qu’il s’agit d’une construction sophistiquée, patiente, recherchée. Il orientalise le jazz et jazzifie le maqâm. Chez Abou-Khalil, la note bleue est teintée de l’ocre de l’Orient. L’homme a appris auprès de grands maîtres d’Occident et du Liban avant de multiplier les expériences, fado, quatuor à cordes, musique arménienne, composition symphonique ou musique populaire italienne, à l’image de son quintet bigarré. L’accordéoniste de Spoleto, Luciano Biondini, est un compagnon de longue date au jeu fin et présent, à l’exemple de ceux de Gavino Murgia au saxophone et au chant sarde, du batteur américain Jarrod Cagwin, alors que Michel Godard apporte une pointe d’humour avec son tuba espiègle et son serpent charmeur.

Vendredi 16 novembre 2012
Auditorium – Tarif B – 20h30

RENAYATES, HOMMAGE AUX GRANDES VOIX FÉMININES D’ALGÉRIE avec Houria Aïchi, Mohammed Abdennour : mandole, guitare, Smaïl Benhouhou : piano, Ali Bensadoun : flûte et Amar Chaoui : percussions
Algérie

Venue étudier la sociologie à la Sorbonne, Houria Aïchi est devenue en vingt-cinq ans l’ambassadrice de la chanson berbère chaouie algérienne en France et sur d’autres scènes internationales. La voix claire, comme ses yeux, le chant vigoureux telles ses racines berbères de l’Est algérien, Houria (« liberté » en arabe) a longtemps glorifié, sur fond de bendir percutant et de flûte plaintive, les paroles des Azriates, ces femmes troubadours du massif insoumis des Aurès, libres et sans hommes, qui lui ont été transmises par sa grand-mère. Aujourd’hui, la plus célèbre chanteuse chaouie du monde rend un bel hommage à d’autres femmes d’hier et d’aujourd’hui, des voix imposantes de diverses musiques algériennes. « Tout au long de mon travail, j’ai été émue par le courage et la détermination de ces femmes qui ont mené de vraies carrières de chanteuses, dans un environnement à la fois hostile et admiratif », dit-elle en évoquant des destins parfois tragiques, comme celui des Chaouies « la Rose de Khenchela » Zoulikha, bannie par sa famille, ou Baggar Hadda (1921-1996), morte mendiante et à moitié folle dans les rues d’Annaba. Houria Aïchi interprète celles qui ont chanté des styles dérivés de la musique arabo-andalouse comme Meriem Fekkaï (1889-1961) et Fadéla Dziria (1917-1970), qui ont inventé le raï charnel telle Cheikha Remitti (1923-2006), popularisé la chanson kabyle traditionnelle comme Chérifa (née en 1926), ou moderne à l’exemple de Djura (ex-Djurdjura) et de Saloua (née en 1935) pour la variété algérienne. Houria n’oublie pas les voix de la nouvelle génération, celle du raï moderne lancé d’Oran par Chaba Fadéla, celle de la chanson du Sahara par la chanteuse et percussionniste Aïcha Lebgaa, ou le folk internationaliste élaboré par Souad Massi à Paris.