Mon pays étranger, le roman de Sandrine Malika Charlemagne

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Mon pays étranger, le roman de Sandrine Malika Charlemagne

Mon pays étranger, le roman de Sandrine Malika Charlemagne
Editions de la Différence

Le voyage qu’entreprend la narratrice pour rejoindre l’Algérie où son père est né, est un pèlerinage et une quête d’identité. Sur le bateau qui la transporte de l’autre côté de la Méditerranée, les souvenirs se bousculent. Qui est-elle au milieu de ces hommes aux visages familiers dont elle ne parle pas la langue ? A Alger, c’est Mahmoud, un Algérien rencontré à Paris, qui l’accueille et la guide. Il travaille au Théâtre national dont le directeur a été assassiné. Au fil de ses haltes, au théâtre, au café, dans les rues, elle prend conscience de la misère, de la peur, du désespoir de ces jeunes gens sans avenir et pourtant si pleins de vie et hospitaliers. Avant de repartir, elle passera dix jours à Oran, chez Amina dont le mari a été tué et qui vit seule avec ses filles.

Visages de femmes, petits faits du quotidien, paysages, odeurs, intrusions brusques de la violence, réminiscences des attentats, du passé de la narratrice, tout s’interpénètre et frémit dans ce livre qui rend palpable la vie profuse et déchirée des gens chez qui s’exacerbent encore, comme une plaie qui ne se referme pas, espoirs et regrets.

Si Balzac m’était conté
La réalisation de Si Balzac m’était conté, de Malika-Sandrine Charlemagne et Pantxo Arretz est le fruit d’un atelier d’écriture où sont venus se frotter aux mots une vingtaine de jeunes de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. La bande « d’acteurs- créateurs », âgés de 12 à 22 ans, s’est ensuite prêtée au jeu de la caméra. Des voix très affirmées, d’autres plus fragiles, mais toutes aussi authentiques les unes que les autres. Au fil de leurs narrations, des extraits de Racine, Molière, Prévert, Olympe de Gouges, Mahmoud Darwich, et de beaucoup d’autres. En toile de fond, la cité en pleine rénovation. Des immeubles qui s’écroulent. D’autres qui voient le jour. Un espace entravé par les chantiers, un espace en pleine « mutation ». Que demandent la plupart de ces jeunes, que les médias chasseurs d’images « à sensation » livrent si souvent en pâture au public sur les grandes chaînes de télévision ? Des médias qui se délectent à montrer cette jeunesse assimilée à une meute de chiens sauvages inadaptés à toute vie en société
Or, ces jeunes, si souvent déconsidérés, veulent surtout qu’on les respecte. … « Dans ma cité, j’aimerais qu’on regarde les habitants comme des gens normaux»… « J’aimerais ne pas être regardé différemment si je vis dans ce quartier… « J’aimerais une nouvelle cité, avec de la justice et une vraie fraternité… » Entre le ciel et le béton, leurs mots sont empreints de rêves, de revendications, d’appels au respect, d’aspiration à une société plus égale, libre et fraternelle. C’est ainsi que loin du grand fracas médiatique, d’autres voix se font entendre.

Sandrine Malika Charlemagne vit et travaille à Paris. Elle a publié un premier livre, A corps perdus, chez Jean-Claude Lattés. Assistante de Jean-Claude Fall au théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, elle écrit pour le théâtre Anastasia, mise en onde sur France-Culture et publiée chez l’Harmattan. Elle coordonne actuellement le projet « Passeurs de mémoires » au sein de l’Association des travailleurs maghrébins de France