Alloula 20 ans déjà

alloula
Alloula, 20 ans déjà mercredi 3 décembre à l’ACB

ACB Association de Culture Berbère
37 bis rue des Maronites
75020 Paris

« L’ACB ouvre les guillemets à Nourredine Saadi pour « Alloula, vingt ans déjà » (Ed. Apic) »
Avec la présence d’autres contributeurs. »

Cet ouvrage collectif paru aux éditions Apic, conçu et présenté par Nourredine Saâdi, comporte des textes de Jawida Khedda, Benamar Mediène, Arezki Metref, Habib Tengour et Malek Alloula. On y retrouve également des dessins inédits de Denis Martinez, ainsi qu’un très beau et édifiant entretien de Abdelkader Alloula, réalisé par Abdelmadjid Kaouah.

Comédien, dramaturge, metteur en scène, traducteur, adaptateur, directeur de théâtre, théoricien de théâtre… Abdelkader Alloula était (et continue d’être) un grand homme de théâtre. Vingt ans après son assassinat, survenu en 1994, il continue à être présent dans les mémoires, sur les tréteaux et dans les démarches de nombreux praticiens du théâtre aujourd’hui. Sa mort ne l’a pas fait disparaître… Bien au contraire, Alloula a rejoint l’éternité. De nos jours d’ailleurs, beaucoup de jeunes amateurs et professionnels du 4e art s’identifient à son travail, (re)mettent en scène ses plus célèbres pièces et continuent à être influencés par son jeu et son charisme

Vingt ans sont passés depuis son assassinat et on continue à envisager Abdelkader Alloula au présent, jamais dans le passé. C’est sans doute dans cette perspective que s’inscrit la démarche de l’ouvrage collectif, Abdelkader Alloula. Vingt ans déjà , conçu et présenté par Nourredine Saâdi, qui rassemble les textes de Jawida Khedda (l’Enfant lion), Benamar Mediène (Alloula continue… Alloula continué), Arezki Metref (Alloula, un théâtre du ‘dit’), Habib Tengour (le Lion abattu par l’Homme) et Malek Alloula (Une douleur innommable). On y retrouve également des dessins inédits – jamais encore publiés – réalisés par Denis Martinez “dans la douleur de l’annonce de la tragédie”, ainsi qu’un très beau et édifiant entretien de Abdelkader Alloula, signé Abdelmadjid Kaouah (“La ‘Halqua’, un théâtre complet”). Nourredine Saâdi précise dans sa présentation que “ce modeste ouvrage est un hommage, non une simple et sempiternelle commémoration funèbre, car l’œuvre de Abdelkader Alloula est vivante, et son auteur présent dans nos mémoires”. L’ouvrage s’ouvre sur un entretien réalisé par Abdelmadjid Kaouah, le 25 septembre 1985 à Oran. Très beau jeu de questions-réponses qui permet à Alloula de s’épancher sur son travail et expliquer les mécanismes de son théâtre : un “théâtre d’action”, un “théâtre de narration”, un “théâtre de critique sociale”. Cet entretien nous éclaire également sur l’homme qu’était Abdelkader Alloula, qui s’inscrit dans l’analyse, la réflexion et le débat d’idées. Se dessine en filigrane sa conception du monde, son indulgence envers les modes d’expression au théâtre, ainsi que sa pleine conscience des enjeux auxquels devait (et devra encore aujourd’hui) faire face le théâtre. Alloula préfère, dans l’interview, parler de la “spécificité de [son] travail” et non d’engagement ; il se montre prudent avec les concepts et les étiquettes, et croit fermement en la force de suggestion du théâtre. Benamar Mediène brouille les pistes dans son texte. Il confond sciemment Alloula avec ses personnages ; il procède à l’écriture d’une œuvre où les personnages centraux sont Alloula, son œuvre (donc ses personnages) et l’Algérie. Dans ce texte aux accents élégiaques, Benamar Mediène convoque parfois Kateb Yacine et ses personnages, des fantômes et des ombres, ainsi que de douloureux souvenirs d’un passé récent.

On retrouve également dans ce recueil un texte fulgurant et intime de Malek Alloula (paru en 1996, dans l’ouvrage En mémoire du futur, pour Abdelkader Alloula), dans lequel l’écrivain raconte la douleur de la perte de son frère, de son jumeau, de sa “meilleure moitié”. Abdelkader Alloula. Vingt ans déjà (dont les droits d’auteur seront versés à la Fondation Abdelkader-Alloula d’Oran) est un recueil de textes qui pensent Alloula au présent.