Djazia Satour en concert le 9 février à l’Alhambra

Djazia Satour en concert le 9 février à l’Alhambra

Alhambra
21 rue Yves Toudic
75010 Paris

djazia satour

Ce n’est pas parce qu’on se prénomme Djazia qu’on fait du jazz. On classera plutôt la chanteuse grenobloise dans le courant néo-trad soul, aux côtés d’Alice Russell ou de Sharon Jones. Son premier album sous son nom sort après vingt ans d’aventures musicales : encore lycéenne, elle est choriste de Gnawa Diffusion, le groupe de son frère, Amazigh Kateb. En 1999, elle intègre le trio MIG, tentative réussie de trip-hop à la française avec deux albums (2004 et 2006) à son actif. Son EP 6 titres autoproduit, en 2010, réussit un petit exploit : le titre Klami entre en playlist sur France Inter. Un an auparavant, Djazia Satour était même numéro 1 des ventes : elle chantait sur Liberta, tube de son collègue grenoblois Pep’s.
Avec Alwane («couleurs» en arabe), la chanteuse mêle l’anglais, l’arabe, les styles qui l’ont nourrie : le chaabi et la musique andalouse écoutés à Alger, où elle est née ; le rap et la soul, découverts à 9 ans, à son arrivée en France. «Je ne fais pas de la world music», précise-t-elle, mais on peut être d’un avis différent : dans la nouvelle version de Klami, les percus gnawas soulignent une rythmique reggae. Le classique de Skip James Illinois Blues se teinte aussi des cadences répétitives des Noirs d’Afrique du Nord. De la toile de fond trip-hop de Fossoul au piano honky-tonk de Bittersweet, la richesse de l’inspiration est superbement mise en valeur par la réalisation du tandem Juliel Chirol – Pierre-Luc Jamain. Djazia Satour compte parmi ses fans Damon Albarn, qui lui a demandé d’ouvrir, avec Gnawa Diffusion, le colossal concert Africa Express (six heures non-stop), événement de la Fiesta des Suds à Marseille en octobre 2013.

François-Xavier GOMEZ
Source : Libération