L’affaire Salah Hamouri vendredi 15 janvier à l’Utopia, Saint Ouen

Séance exceptionnelle le vendredi 15 janvier à 20h30 à Utopia Saint-Ouen en présence du sémillant réalisateur Nadir Dendoune.

Soirée soutenue par le Collectif Urgence Palestine ( CUP ) , l’Association France Palestine Solidarité, le Parti de Gauche, Europe Ecologie les Verts et le NPA.

TARIF UNIQUE POUR CETTE SÉANCE : 4 EUROS

L’AFFAIRE SALAH HAMOURI
Nadir DENDOUNE – documentaire France 2015 40mn –
Du 15/01/16 au 15/01/16

L’AFFAIRE SALAH HAMOURIC’est un petit film diablement intelligent et efficace, qui aurait pu être signé par les comparses Halimi et Balbastre des Nouveaux chiens de garde, tant il analyse avec impertinence le « deux poids deux mesures » des médias et des politiques français dès qu’il s’agit du conflit israélo-palestinien. Le film s’ouvre sur l’intervention culte du comédien François Cluzet face au non regretté Jean-François Copé, au JT dominical de Laurent Delahousse. Nous sommes en 2009 et l’acteur, plutôt que d’assurer la promo de son film du moment, préfère évoquer quelque chose qui le scandalise : le silence des médias et des politiques sur le cas du franco-palestinien Salah Hamouri, alors emprisonné sans preuve dans les geôles israéliennes pour le prétendu projet d’assassinat du rabbin extrémiste Ovadia Yossef. Il a suffi que le jeune homme de 24 ans, soupçonné d’appartenir au Front Populaire de Libération de la Palestine, organisation marxiste révolutionnaire, soit passé avec des amis devant le domicile du rabbin pour qu’il soit arrêté, jugé et condamné à sept ans de prison par un tribunal militaire d’exception.

Depuis 2005, la mère grenobloise de Salah se bat, un comité de soutien s’est constitué dans l’indifférence quasi générale jusqu’à l’intervention télévisuelle de François Cluzet. Le silence est d’autant plus choquant que, peu de temps auparavant, Nicolas Sarkozy avait déclaré vouloir se porter au secours de n’importe lequel de nos concitoyens incarcérés, où qu’il se trouve. Et surtout, dès 2006, avec la prise de guerre par un groupe palestinien du soldat franco-israélien Gilad Shalit, qui lui a toutes les faveurs des médias et fait l’objet d’initiatives de nombreuses mairies qui font de lui un citoyen d’honneur et dont le visage s’affiche en façade des hôtels de ville, la distorsion est flagrante.
Le film du tonitruant journaliste Nadir Dendoune, un étonnant personnage, marathonien, alpiniste et journaliste tellement free-lance qu’il a été emprisonné plusieurs jours en Irak, a été réalisé après la libération de Salah Hamouri, qui a fini par intervenir en 2011 dans le cadre de l’échange de prisonniers après que Gilad Shalit a été relâché. Il revient avec pertinence, en compagnie de nombreux intervenants, sur les aberrations médiatiques : les ténors du Monde Diplomatique Alain Gresh ou Dominique Vidal analysent admirablement le cheminement des faits, mais aussi l’ancien correspondant à Jérusalem de France 2, Charles Enderlin qui, fort de plusieurs décennies de présence sur place, nous livre le tableau terrible d’une justice israélienne qui n’en est pas une et de l’efficacité des lobbies qui font pression sur les médias occidentaux. S’expriment d’ailleurs aussi dans le film Richard Prasquier, président du CRIF, qui justifie sans vergogne l’absence de justice impartiale en Israël au profit de la sécurité, et le président du comité de soutien à Gilad Shalit, qui explique tranquillement les mécanisme de son travail de lobbying.

http://www.cinemas-utopia.org/saintouen/index.php?id=2893&mode=film