Voix de femmes à l’Institut du Monde Arabe du 8 au 10 mars

Voix de femmes à l’Institut du Monde Arabe du 8 au 10 mars dans le cadre de LA JOURNEE DE LA FEMME

L’Institut du monde arabe célèbre les femmes d’hier et d’aujourd’hui …

Bravant les interdits, les quolibets voire le mépris, de « sacrées bonnes femmes » du monde arabe d’hier ont brûlé les planches.
Celles d’aujourd’hui leur rendent hommage, en reprenant un héritage qu’elles ont à cœur de faire redécouvrir, de réinterpréter et de magnifier. De belles découvertes et rencontres en perspective…

8 mars – La aïta, un art coquin et mutin – à l’IMA

18 h 30 – Les voix vives d’Al aïta, avec Izza Génini, Brahim El Mezned et Hassan Nejmi
Projection du film documentaire Aïta d’Izza Génini- Débat animé par Rabah Mezouane
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Nommé aïta (le cri ou l’appel) dans les plaines ou marsaoui (portuaire) lorsqu’il longe l’Atlantique du côté de la ville de Safi, ce style a jailli à la fin du XIXe siècle des régions agricoles méridionales du Maroc. Surprenant par sa liberté de ton, il cristallise les émois amoureux et personnalise les souffrances et les espoirs du peuple à travers le chant. La rencontre sera précédée de la .

20 h – La aïta, art coquin et mutin avec Khadija El Bidaouia et Khadija Margoum

Résumée à une expression typiquement rurale, tribale et pastorale avant les années 1950, puis urbanisée et remise au goût du jour (en particulier grâce au violoniste Maréchal Kibbo, auteur du fameux kutché repris par Khaled, et à Bouchaïb El Bidaoui), la aïta suscite un regain d’intérêt depuis le début du XXIe siècle. Sous un habillage plus électrique, une nouvelle génération personnifiée par Daoudi ou Oulad Bouazzaoui a repris le flambeau. Affaire de femmes avant tout, autrefois censurée et méprisée car jugée grivoise, elle a pour origine les cheikhates, des chanteuses populaires aux formes souvent généreuses et aux déhanchements plus que suggestifs.
Lors de cette soirée, la aïta sera représentée par deux ambassadrices de talent : Khadija El Bidaouia, qui incarne l’aspect contemporain du marsaoui, et Khadija Margoum, qui porte le renouveau de la aïta.

9 mars 20h – Al Atlal, chant pour ma mère avec Norah Krief – à l’IMA
une 1 ère en Ile-de-France !

S’articulant autour de la chanson Al-Atlal (Les ruines) d’Oum Kalsoum, cette création de Norah Krief, chantée et parlée, s’adresse à la mère de l’auteure et, par extension, à l’exil qui peut être indirectement éprouvé par chaque enfant d’immigrés. « Le spectacle entier durera moins longtemps que la chanson d’Oum Kalsoum, écrit Hadrien Volle [www.sceneweb.fr], mais il n’y a pas une seconde où l’âme de la diva égyptienne sera absente, en musique ou en mots. Car ce sont des mots que Norah Krief adresse sous forme de “lettre à [sa] mère”. Elle dépeint ce qu’elle qualifie de “nostalgie heureuse” d’une époque pourtant difficile pour sa famille. Fille d’immigrés tunisiens, l’intégration a été une expérience houleuse et constellée de rejets. Pourtant, par Al-Atlal, Norah Krief parvient à apprivoiser sa culture rejetée. »

Teaser : https://vimeo.com/237576200
Dossier et extraits de presse à télécharger tout en-dessous

10 mars 20h – Hommage à Warda, une chanteuse de légende, avec Sanaa Moulali et le groupe Mazzika – l’IMA hors les murs au Cabaret Sauvage

Lors de cette soirée-hommage, l’excellent groupe Mazzika et la voix poignante de la grande chanteuse marocaine Sanaa Moulali revisiteront les plus grands titres du répertoire de Warda Al Jazairia (1940-2012).

En plus de cinquante années de carrière entrecoupées de retraits (dont neuf longues années de silence pour cause de mari jaloux), la dernière grande diva arabe a interprété près de 300 chansons et vendu quelque vingt millions d’albums et cassettes à travers le monde.
Comme Abdel Halim Hafez, elle aura révolutionné l’ordre établi en transformant ses prestations en shows où elle bougeait, souriait et communiquait avec l’assistance. Mieux, elle fut celle qui chanta le patrimoine arabe dans son ensemble en réussissant la jonction Maghreb-Machrek et en appliquant, avec talent, la pertinente formule de Mohamed Abdel Wahab, le bon génie qui l’avait encouragée à ses débuts : « Ce n’est pas à l’art de se renouveler mais à l’artiste. »
Avec Faïrouz, Warda est la dernière légende d’une époque fastueuse qu’elle perpétua à sa manière, disons impériale.